
Projets d’arrêtés pris pour l’adhésion des corps suivants au RIFSEEP au 1er janvier 2016
: Attachés, secrétaires administratifs, adjoints administratifs ;
assistantes de service social ; conseillères de service social ;
ingénieurs des
SIC ; inspecteurs du permis de conduire
—-»» La CFDT a voté contre les 7 textes d’adhésion – FO et l’UNSA ont voté contre – la CGC s’est abstenue
|
ADHESION AU RIFSEEP
POUR LA CFDT CA COLLE PAS !
|
LORS DU CTM DU 17 NOVEMBRE2015,
LES PROJETS D’ARRETES POUR L’ADHESION AU NOUVEAU REGIME INDEMNITAIRE — AU 1ER JANVIER 2016 — DES CORPS ADMINISTRATIFS, FILIERE SOCIALE, INGENIEURS SIC ET INSPECTEURS DU PERMIS DE CONDUIRE ONT ETE PRESENTES POUR AVIS AUXOS
***
LA CFDT DENONCE:
- Un dispositif peu clair et d’application incertaine
- Le maintien des inégalités indemnitaires entre les ministères
- Le renforcement de l’individualisation des primes
- L’opacité et le manque de transparence qui perdureront
Le ministère a fait le choix d’une circulaire de bascule pour les corps concernés au 1er janvier 2016
mais n’a pas, dans le même temps, produit une circulaire de gestion
pour la suite (ce qui est l’aspect le plus important du dispositif).
Alors certes, tous les agents basculeront avec leur régime indemnitaire actuel mais après?
Malgré
ses efforts, l’Administration sait que l’affaire est compliquée et
tente de fournir des pistes rassurantes mais guère convaincantes à
ce stade.
Suite à la PFR,
c’est une nouvelle usine à gaz de la fonction publique!
LA CFDT a voté contre ces textes d’adhésions au RIFSEEP et continuera à se battre pour en limiter les dégâts et donner une visibilité concrète du dispositif aux agents
CTM 17NOVEMBRE2015
Autant le dire tout de suite, la CFDT votera contre les sept projets d’arrêté soumis à l’avis du Comité technique ministériel réuni aujourd’hui.
Ces textes sont en effet pris en application du décret du 20 mai 2014
relatif au Régime Indemnitaire lié aux Fonctions, aux Sujétions, à
l’Expertise et à l’Engagement Professionnel, qui, lors de son
passage au Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat a
suscité l’opposition de la quasi-totalité des organisations
présentes, dont la CFDT.
Pour expliquer notre position, il convient de rappeler le contexte qui a prévalu à la mise en œuvre du décret du 20 mai2014.
Lors de la réunion du premier conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat présidé par Mme LEBRANCHU,
celle-ci a fustigé la Prime de Fonctions et de Résultats et annoncé
sa disparition, cette dernière faisant la part trop belle à la
rémunération dite « au mérite».
Face à la nécessité par ailleurs de simplifier un paysage indemnitaire lourd et complexe, la
DGAFP
a donc engagé une réflexion et organisé des réunions avec les
organisations syndicales siégeant au Conseil supérieur de la
fonction publique de l’Etat afin de travailler à la définition d’un
nouveau dispositif indemnitaire.
Cette
réflexion, qui, compte tenu de l’enjeu et de la complexité du sujet,
aurait nécessité d’être approfondie pendant plusieurs mois encore, a
été brutalement interrompue en septembre 2013, la DGAFP
imposant un texte « tout ficelé » portant création d’un régime
indemnitaire dont aucun des critères n’avait été débattu au préalable.
Présenté
comme un dispositif destiné à rationaliser, simplifier le paysage
indemnitaire, en se substituant à l’ensemble des autres primes
existantes, le RIFSEEP ressemble étrangement à la PFR qui était pourtant si décriée.
Le RIFSEEP va même au-delà de la PFR, en abandonnant le grade comme critère premier de définition du régime indemnitaire.
Ainsi l’article 2 du décret pose le principe d’une reconnaissance indemnitaire axée sur l’appartenance à un groupe de fonctions.
La circulaire du 5 décembre 2014 ajoute en page 4 que ces groupes de fonctions sont déconnectés du grade, tout en prenant soin d’ajouter : « le poste confié à un fonctionnaire doit correspondre au grade dont celui-ci est titulaire».
Il
s’agit là d’une réforme de fond préoccupante dans la mesure où, sur
le terrain, les liens entre le grade, voire le corps, et les fonctions
occupées sont souvent distendus, en particulier en ce qui
concerne les catégories B et C.
L’individualisation du régime indemnitaire est renforcée puisque le montant de l’IFSE
pourra être réexaminé non seulement en cas de changement de grade
(comme c’est le cas actuellement), mais également en cas de
changement de poste, ou à l’issue de quatre années passées sur un même
poste, dans des conditions qui pour le moment nous sont inconnues et
qui portent en germe des risques évidents d’arbitraire.
Enfin, le décret prévoit la possibilité de verser un complément indemnitaire annuel dit CIA,
afin de tenir compte de l’engagement professionnel et de la manière
de servir, donc du mérite! ce qui était l’objectif affiché par la
partie « Résultat » de la PFR.
Au-delà de ces constats, et alors même que le RIFSEEP
a vocation à s’appliquer à l’ensemble des corps et des emplois
relevant de la fonction publique de l’Etat, il passe totalement à
côté de l’harmonisation attendue au niveau interministériel.
Le décret du 20 mai 2014
fixe en effet un cadre réglementaire lâche laissant une très grande
latitude aux différentes administrations pour gérer à leur guise
ce nouveau dispositif, ce qui limitera la visibilité des agents
souhaitant exercer une mobilité interministérielle.
Par ailleurs, aucune mesure n’est prévue pour réduire les écarts indemnitaires entre les ministères.
Rien
n’est envisagé non plus en matière de transformation d’une partie
du régime indemnitaire en rémunération indiciaire.
Le RIFSEEP
va également générer un Glissement Vieillesse Technicité
indemnitaire lié à la prise en compte de l’expérience
professionnelle qui n’est pas financé par Bercy. Les agents en poste
ayant la garantie du maintien de leur niveau de primes au moment de la
bascule, nous craignons que les nouveaux arrivants ne payent la
facture!
Enfin,
alors que le Gouvernement a lancé un choc de simplification, il
nous apparaît clairement que ce nouveau dispositif, s’il a le
mérite de réduire le nombre des régimes indemnitaires actuellement
mis en œuvre dans la fonction publique, sera très compliqué à gérer et
demandera beaucoup de temps aux cadres, aux gestionnaires ainsi
qu’aux services de paye.
Louise-MarieSIADOUS
Experte désignée par la délégation CFDT à l’instance
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Commentaires